Sur cette page, vous trouverez toutes les informations concernant :
- Pourquoi le Grand Serre ?,
- De La Morte à l'Alpe du Grand Serre,
- L'historique de la station,
- Les légendes de La Morte
- La magie du Seigneur Valsenestre,
Pourquoi le Grand Serre ? Un SERRE est un sommet. Chez nous, il existe une classification dans la taille du sommet : - Le grand serre est le plus haut des sommets ; - la grande cuche, sommet visible depuis le Désert et Grenoble se situe à gauche du Grand Serre, c'est un sommet un peu moins haut et de même forme ; - la cuche, visible du Désert est encore à gauche de la grande cuche, c'est un sommet encore moins haut et de même forme ; - la cochette, c'est le plus petit des sommets. On retrouve d'aileurs certains de ces noms sur le domaine skiable de la station : Serriou pour une piste et un télésiège, Cochette pour un téléski. Le SERRE est généralement de forme arrondie et douce, en opposition avec les sommets en pic que l'on trouve en haute montagne. C'est ainsi que sur le plateau matheysin, on appelle "les serres" les contreforts arrondis du massif du Grand Serre qui se trouvent sur les communes de Saint Honoré et Villard Saint Christophe. |
La
station touristique de l'Alpe du Grand Serre est implantée sur la
commune de la Morte dont le nom fait encore légende en Isère. Si
l'on s'en réfère aux érudits, « La Morte », serait d'origine
préceltique, « mor - murr » signifiant butte rocheuse. Le
suffixe latin « ta » étant ensuite ajouté, le nom évolua
au XIIIème siècle en « Mortua », puis au XIVème siècle
en Mons de Morta. Mais, cette appellation sinistre, on s'en doute, a encouragé les imaginations fécondes et a donné lieu à de nombreuses interprétations et légendes qui ont traversé les époques pour entrer dans le patrimoine de la station. C'est dans les années 60 lorsque la station s'est tournée vers les sports d'hiver que le nom de l'Alpe du Grand Serre est apparu. Les habitants de la commune se nomment les mortillons.
Avant l'avènement du ski, la commune de la Morte, était peuplée d'une soixantaine de familles qui se consacraient à une activité agricole et d'élevage. Le bétail est nombreux (280 vaches, moutons et chèvres) et 20 chevaux aident les paysans dans leurs travaux. La vie est rythmée par les saisons. Au printemps on prépare les champs et on sème les pommes de terre, l'orge et l'avoine qui assureront la subsistance de tous. L'été, c'est la saison des foins, bientôt rattrapé par l'automne, lourd de tous les préparatifs en vue de l'hiver : ramassages du bois, récoltes, battage des céréales, préparation des salaisons... L'hiver, est consacré aux travaux d'entretien des habitations et les exceptionnelles fêtes de l'été sont remplacées par les veillées nocturnes. Mais si déjà à la fin du siècle dernier on notait une première activité touristique avec l'édification d'un gîte d'étape par la Société des Touristes en Dauphiné, c'est en 1938 que l'activité touristique liée au ski apparaît. La société des remontées mécaniques SAGASA crée par quelques Grenoblois et surtout Stéphanois, avec le soutien de la commune, entreprend la construction du téléski le Petit Mollard. Il est bientôt prolongé par le Grand Mollard qui fonctionne dans un premier temps avec des luges, remplacées ensuite par des enrouleurs à perche doubles, les pioches. Pour accueillir les skieurs, une salle polyvalente avec restaurant et bar est installée à l'emplacement du chalet Le NIVOSE actuel et un hôtel bar est construit tout à coté, l'hôtel du Grand Serre. Quelques skieurs montent de la vallée et de la Matheysine, et descendent les pistes damées au rouleau. La guerre interrompt le développement de la jeune station. Les représailles des soldats allemands contre les maquisards retranchés dans les montagnes et les règlements de compte entre Français ravagent la commune : le bétail est anéanti, les hôtels brûlent. Les câbles des remontées mécaniques sont démontés pour d'autres utilisations. La guerre enfin terminée, la SAGASA, malgré de grandes difficultés financières tente de remettre la station en état, mais en 1961, n'ayant plus les moyens d'en assurer le fonctionnement, elle passe la main à un groupe de murois avec à sa tête M. Morel, pharmacien à la Mure. La nouvelle société, la SATELAM, procède aux différents travaux et la station reprend bientôt son activité. Alors que les jeunes de la commune, attirés par les facilités de la ville, quittent l'Alpe du Grand Serre pour travailler dans les usines de la vallée ou encore s'installer dans les Hautes-Alpes et les Pyrénées, les touristes se font de plus en plus nombreux. Au milieu des années 50, M. Vincent crée la première ESF qui regroupe 10 moniteurs en 1960. En 1961, le téléski du Sérriou est construit, et presque chaque année, on verra la naissance d'une nouvelle liaison. Dans le même temps, des aménagements sont faits sur les pistes : suppression des bosses, élargissement des couloirs.... Certaines pistes demandent d'ailleurs des travaux sur plusieurs années et des travaux de terrassement très importants comme la piste des vallons par exemple. Une machine de damage, l'Iseran, remplace bientôt le damage au rouleau, le balisage des pistes et la sécurité des skieurs sont désormais assurées. En 1987, on compte 20 remontées mécaniques modernes et la liaison avec la station de Saint-Honoré 1500 est déjà ouverte. La clientèle trouve là une deuxième porte d'entrée sur le domaine skiable des portes de l'Oisans. Le domaine atteint sa maturité et sa qualité augmente régulièrement, mais quelques années plus tard la SATELAM connaît des problèmes financiers et en décembre 1996, le SIAG (Syndicat Intercommunal pour l'Aménagement et la Gestion du domaine du Grand Serre) fait appel à une nouvelle société pour exploiter son domaine skiable, Nivis. Depuis 2001, c'est la SATA, société d'aménagement touristique de l'Alpe d'Huez et des Grandes Rousses et du Grand Serre qui est l'exploitant du domaine skiable de l'Alpe du Grand Serre. Le SIAG et la SATA ont signé en 2004 une Délégation de Service Public (DSP) pour la gestion du domaine skiable de l'Alpe du Grand Serre pour une durée de 18 ans.
La
malédiction de Saint-Hugues Au
XIIème siècle, Saint-Hugues, évêque de Grenoble, met en estive trois
de ses mules dans les montagnes de la Morte. Le jeune berger avide
de découvrir la montagne alentour mêne les animaux toujours plus loin,
jusque sur les pâturages réservés aux villageois. Un jour, malgré
les menaces des Mortillons, les mules ont mangé les salades et les
plants de blettes d'un potager. Les villageois entrent en querelle
et la majorité décide de se débarrasser des trois mules de l'évêque
en les précipitant dans
le vide, au dessus du lieu-dit La Maladray sous les yeux épouvantés
du petit berger. Apprenant
la nouvelle, Saint-Hugues, écoeuré par de telles cruautés, punit les
habitants du village en leur lançant une malédiction. C'est
alors que par une accablante matinée du mois d'août, alors que le
soleil inonde déjà la prairie, une brume descend sur le village. Elle
laissera place progressivement à un épais brouillard. Les jours et
les mois passent. Les Mortillons ne peuvent aller au champs, les récoltent
pourrissent sur place. La malédiction ne peut être levée et les villageois
doivent abandonner leur village au brouillard qui s'installe pour
sept longues années.
Au
Moyen-âge, la petite localité d'Hesbin prospère sur le plateau. Mais
un jour, en suivant un loup, un cruel Seigneur de Valsenestre la découvre,
incendie les maisons, égorge les habitants et, ne pouvant atteindre
ceux qui se sont enfuis
dans la forêt, enveloppe tout le pays d'un brouillard épais et empesté.
Pendant sept ans le brouillard se maintient sur le sol et ceux qui
se sont cachés dans le bois, ne pouvant retrouver leur chemin, périssent
de froid et de misère. Tous meurent , hommes, femmes, bestiaux, à
l'exception de trois ou quatre familles, qui, passant par les monts
viennent établir leurs demeures dans la vallée de l'Isère, au pied
d'un coteau qui leur cache les lieux témoins de leur infortune. Par
un pieux souvenir, ils donnent à leur hameau le nom de leur ancienne
patrie et l'appellent Hesbin, devenu Eybens. Le brouillard cependant,
au bout des sept années fatales se lève et les habitants de la vallée
osent alors remonter sur le plateau. Voyant l'affreuse désolation
du pays où tout est ruiné et où l'herbe même ne poussent plus, ils
appellent le lieu la ville morte. En
1939, un hôtelier de la Morte, propose de nommer le lieu d'une façon
plus adaptée à la nouvelle activité touristique du ski et en suivant
la mode nomme la station naissante « L'Alpe
du Grand Serre ».
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